Je viens de refermer la dernière page ... Quel bonheur ce livre ! ... Un style qui fait mouche, des dialogues et des phrases à la "Audiard", qui décapent, des personnages attachants et émouvants, paumés, déglingués, qui trainent leurs carcasses sur fond de grisaille ; puis il suffit d'un tout petit rien, d'une rencontre, pour que tout s'éclaire et que l'avenir s'ouvre enfin. J'ai adoré !

vivement l'avenirExtraits :

... "Le seul sens que je trouve à ma vie, c'est un sens giratoire. j'avance sans arrêt mais je n'arrive à rien, sauf à me retrouver toujours au même point.

Si un jour je trouve ma voie, ce sera surement une impasse."

... "Elle me faisait penser à Rahan, cette fille ... Quand il ne savait pas où aller, ce Rahan, il faisait tourner son couteau sur une pierre, ensuite il s'en allait dans la direction que lui montrait la pointe de sa lame. Moi, je trouvais ça génial. Mais lorsque j'essayais de faire comme lui, avec un couteau de cuisine, ça m'indiquait soit le mur du séjour, soit la porte du placard ou celle des WC.

C'était faible comme aventure".

..."Roswell ... c'est un homme. Un adulte. Son prénom, c'est Gérard. Il y a tout un passé, dans le secret de sa tête ... Certains soirs, je le trouve beau comme un tableau abstrait, assis dans son plumard, son dos courbe calé contre les oreillers, son cou de poulet maigre hérissé de poils noirs qui sort du pyjama, et sa glotte pointue qui monte et qui descend, chaque fois qu'il arrive à avaler sa salive, au lieu de la laisser s'égoutter sur son col. Roswell, c'est un Picasso en volume." ...